Incontinence urinaire masculine

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Contrairement à l’incontinence féminine,  les pertes involontaires d’urine  chez l’homme sont le plus souvent d’origine iatrogène c’est à dire  la conséquence de traitements souvent chirurgicaux mais également radiothérapeutiques.Lire la suite...

Trois mécanismes peuvent être en cause :

  • une insuffisance du sphincter strié c’est à dire du muscle permettant ou non la vidange de la vessie par son relâchement ou sa contraction. C’est le mécanisme habituel des fuites après ablation complète de la prostate pour cancer.
  • des contractions anarchiques de la vessie pendant le remplissage que l’on appelle instabilité vésicale. Elles sont liées à une altération de la paroi vésicale que l’on peut rencontrer après une irradiation de la vessie pour un cancer pelvien.
  • un obstacle anatomique ou fonctionnel à l’évacuation de l’urine ne permettant plus sa vidange: c’est ce que l’on appelle une rétention chronique d’urine pouvant occasionner des fuites par regorgement c’est à dire une évacuation du trop plein . Cette situation peut correspondre à une hypertrophie de la prostate, un rétrécissement de l’urètre ou un défaut de contraction de la vessie au moment de la miction (chirurgie du rectum).

Pour évaluer au mieux le mécanisme des fuites dont dépend le traitement ultérieur, vous devez répondre aux questions suivantes :

  • les fuites surviennent-elles à l’effort (toux, port de charge…) ?
  • les fuites apparaissent-elles lorsque vous passez de la position assise à debout?
La réponse positive à une de ces deux questions oriente vers une insuffisance des mécanismes de continence (essentiellement le sphincter strié).
  •  Les fuites sont –elles précédées d’un besoin irrepressible d’uriner ? Celà oriente alors plutôt vers des fuites par instabilité de la vessie.
  • Quelle est l‘intervention chirurgicale à l’origine des fuites (prostatectomiee totale, chirurgie pour adénome, chirurgie du rectum.

Il faut rechercher d’autres circonstances déclenchantes: prise de boissons alcoolisées, mains dans l’eau froide…..
Les médicaments que vous prenez peuvent également agir sur les mécanismes de la continence. Apportez la liste lors de votre consultation.


Après l’examen clinique, plusieurs explorations complémentaires pourront être programmées: cystoscopie qui s’assurera de l’absence d’obstacle de l’urètre, bilan urodynamique pour évaluer la fonction sphinctérienne et le comportement de la vessie lors de son remplissage et parfois pad test qui consiste à évaluer l’importance de la fuite au cours d’efforts standardisés.

A l’issue de ce bilan, le mécanisme pourra être identifié et l’importance de la fuite quantifiée.
Il existe le plus souvent des solutions pour traiter l’incontinence urinaire masculine. N’hésitez pas à en parler à votre médecin qui vous orientera si nécessaire vers un urologue.

L’incontinence après chirurgie de la prostate (prostatectomie totale pour cancer le plus souvent, résection endoscopique d’un adénome beaucoup plus rarement). L’incontinence est liée à la diminution de la longueur fonctionnelle urétrale conséquence de l’ablation de la prostate et/ou une insuffisance sphinctérienne.

L’incontinence après chirurgie du rectum. L’incontinence est en général secondaire à une lésion temporaire (étirement) ou définitive (section) des filets nerveux contrôlant la contraction de la vessie. C’est donc une rétention d’urine qui est à l’origine des fuites.

L’incontinence après radiothérapie. Elle est le plus souvent en rapport avec des contractions anarchiques de la vessie lors du remplissage, que l’on appelle instabilité vésicale.

L’incontinence par obstacle. C’est en général une hypertrophie de la prostate qui en est à l’origine mais il ne faut pas ignorer une rétécissement du canal urétral. Le mécanisme de l’incontinence est alors le plus souvent la rétention mais il peut coexister avec une instabilité de la vessie.